Après s’être fait réveiller par l’agitation ambiante du bateau, on réalise que la terre ferme n’est plus très loin. On commence donc à plier bagages sous les yeux scruteurs de nos voisins qui se demandent encore comment autant d’affaires (on aime bien les étaler un peu partout) ont pu tenir dans un seul sac. L’arrivée de la pluie battante nous fait passer en mode poncho, ce qui éveille encore un élan de curiosité chez nos compagnons.

Après avoir arpenté les premières ruelles du port, on pose nos sacs dans le premier hostal trouvé. Mauvaise pioche car notre chambre combine à la fois mauvaise odeur, toilettes sans porte et surtout traces de sang (qui nous font imaginer toutes sortes de scénarios).
Puis c’est la découverte de la ville ou l’on peut retrouver la présence de multiples étales, allant de la nourriture aux innombrables marchants de vêtements, sans oublier la musique, partout et toujours.

Au détour des rues on se retrouve en face d’édifices datant des années 1890 a 1920, période où Manaus devint la capitale mondiale du caoutchouc. Pendant ces années fastes de nombreux édifices furent construit en matériaux exclusivement européens et dans les styles “Art Nouveau” et “Néoclassique”. L’un des symboles de cette période est l’imposant Teatro Amazonas, construit en 1896, dans lequel nous assistons à un opéra symphonique ainsi qu’à un ballet.
Mais Manaus offre plus d’un contraste comme cette soirée gótico-métal à laquelle nous assistons à seulement 50 m du théâtre. En pleine rue, des dizaines de jeunes habillés à la mode Marilyn Manson, buvant des bières ou encore effectuant de magnifiques “Air Guitar”, l’oreille collée aux enceintes et les cheveux battant la mesure. Et que dire de l’ambiance trouvée 150m plus loin, sur une place réservée aux traditions indiennes, avec musiques traditionnelles, plats typique (dont la délicieuse soupe Tacacá) et où l’alcool est interdit ? Et cette rue longeant cette même place, dont les nombreux bars furent envahis de groupes de jeunes sourds et muets, buvant bières sur bières ?… franchement, il y en a pour tous les goûts à Manaus !
